Sobeval - Les conditions de travail au coeur de la reconversion

Les conditions de travail au coeur de la reconversion Les conditions de travail au coeur de la reconversion ( Article Paysan Breton du 15 Septembre 2017 ) Mireille Fromont a laissé sa carrière d’aide-soignante derrière elle pour rejoindre son mari sur l’exploitation. Elle a choisi des équipements pour limiter la pénibilité du travail et rendre son atelier attractif à la reprise. Dans le cadre d’une reconversion professionnelle, Mireille Fromont a inauguré

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Les conditions de travail au coeur de la reconversion

Les conditions de travail au coeur de la reconversion

 

 

(Article Paysan Breton du 15 Septembre 2017)

Mireille Fromont a laissé sa carrière d’aide-soignante derrière elle pour rejoindre son mari sur l’exploitation. Elle a choisi des équipements pour limiter la pénibilité du travail et rendre son atelier attractif à la reprise.

Dans le cadre d’une reconversion professionnelle, Mireille Fromont a inauguré un bâtiment pour veaux de 400 places en rejoignant son mari Christian sur l’exploitation. Ce dernier conduisait déjà un atelier de 316 places à La Bouillie (22). Les premiers animaux sont entrés dans l’enceinte en novembre 2016. « Nous avons voulu créer une unité moderne et plutôt de taille importante, au service du bien-être des veaux mais aussi du bien-être de l’éleveur », insiste la Costarmoricaine. « Actuellement, nous n’avons pas de repreneur. Mais c’est primordial pour transmettre demain d’avoir un outil adapté qu’une personne puisse suivre avec une charge de travail limitée. »

Barre au garrot et compétition saine

 Si les premières semaines, au démarrage, le couple opère souvent ensemble, les choix techniques permettent ensuite à Mireille Fromont de gérer seule en limitant la fatigue physique. Par exemple, la distribution du lait s’effectue grâce à un Milk Boy (entre 15 et 16 000 €), un automate proposé par la marque hollandaise Vielbo. D’abord, le tuyau qui amène le lait de la salle de préparation jusqu’aux auges est tracté par ce chariot. Le système a en mémoire le rationnement des dernières distributions ce qui permet d’apporter la quantité de lait au plus juste à chaque case, en gardant toujours la possibilité d’ajuster la distribution notamment les 35 premiers jours quand chaque parc collectif est partagé par des barrières en 8 baby box individuel.

Ce matériel performant est capable de débiter 80 L de lait dans une auge en une minute. « Ensuite, bien assise en hauteur, je suis beaucoup plus disponible pour observer les animaux au moment de la distribution. C’est au moment de la buvée qu’on détecte un problème, un veau moins en forme. » Au cours de la porte ouverte du jeudi 7 septembre, Olivier Adde, responsable technique Ouest chez Van Drie France a d’ailleurs insisté sur l’œil de l’éleveur dans les performances technico-économiques en élevage de veaux : « Pour réussir, le plus important est le pilote et son œil animalier. Avec ces cases équipées d’une barre au garrot, la compétition est saine entre les animaux à condition que le travail de tri et d’allotement soit régulièrement réalisé pour garder des groupes homogènes… »

Moins de paille qu’il n’y paraît

 « Un lot de veau, c’est 80 t d’aliment à manipuler… » L’autre outil qui facilité la vie est une distributrice pour la partie solide de l’alimentation. Fabriquée sur place en mélangeant de la paille à un noyau à base de céréales contenant très peu de fer (pour assurer une viande blanche), cette dernière est apportée aussitôt après les repas de lait, deux fois par jour. « À l’œil, on a l’impression qu’il n’y a que de la paille. Et pourtant, il n’y en a que 20 % dans le mélange des jeunes veaux », précise Olivier Adde. « Ces brins servent à assurer le développement de la panse des jeunes polygastriques. Au fil de la phase d’élevage, cette proportion de paille diminue d’ailleurs peu à peu. »

Dans ce bâtiment aux quatre rangées de cases collectives double-façade (l’une pour la distribution du lait, l’autre pour celle de la partie solide), les déplacements sont optimisés. « Matin et soir, il me faut entre 60 et 75 minutes pour apporter le lait puis la fibre », détaille Mireille Fromont qui apprécie son nouveau métier et ses conditions de travail. « Et puis Christian et moi démarrons nos bandes au même moment. Ainsi, pendant les trois semaines de vide sanitaire, nous avons la possibilité de profiter du temps libre ensemble… »